Comme vous avez souvent pu le lire dans des articles précédents, la plupart des plantes herbacées qui fleurissent nos prairies sont aussi de véritables garde-mangers pour les insectes, notamment les papillons dont les chenilles sont quasiment toutes herbivores. Chaque espèce possède son spectre d'hôtes plus ou moins large, les espèces capables de consommer de nombreuses espèces de plantes étant souvent les plus répandues et les plus communes. Parmi les plantes peu consommées figurent les membres de la famille des Euphorbiacées, les Euphorbes, connue pour l'une de ses stars, l'Hévéa dont on extrait le latex pour produire le caoutchouc. Toutes les euphorbes produisent un suc laiteux qui renferment des composés toxiques qui les protègent contre toutes sortes de mandibules avides de feuilles tendres et fraîches. Mais voilà, cela ne suffit pas à repousser la sublime chenille du Sphinx de l'Euphorbe (Hyles euphorbiae), un Hétérocère (ou papillon de nuit) dont les Euphorbes, notamment l'Euphorbe Petit-Cyprès sont les hôtes. Cette chenille tire même profit des substances toxiques qu'elle accumule à son tour ce qui la rend tout à fait impropre à la consommation par ses prédateurs potentiels comme des oiseaux par exemple...Ceux-ci sont cependant avertis par ses couleurs chatoyantes qu'il vaut mieux la dévorer avec les yeux qu'avec le bec !

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Chenille du Sphinx de l'Euphorbe (Hyles euphorbiae) en train de dévorer les feuilles linéaires d'une Euphorbe Petit-Cyprès (Euphorbia cyparissias) (Parc de Miribel-Jonage, juin 2014, EOS 50 D + 100 mm macro)

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Chenille du Sphinx de l'Euphorbe (Hyles euphorbiae). Remarquez la petite pointe à l'extrémité postérieure de la chenille, il s'agit d'une particularité des chenilles de Sphingidés (Parc de Miribel-Jonage, juin 2014, EOS 50 D + 100 mm macro)

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Chenille du Sphinx de l'Euphorbe (Hyles euphorbiae) en train de dévorer les feuilles linéaires d'une Euphorbe Petit-Cyprès (Euphorbia cyparissias) (Parc de Miribel-Jonage, juin 2014, EOS 50 D + 100 mm macro)