Comme promis dans le précédent article, voici quelques lignes sur le Lézard de basse altitude en Corse, celui qui occupe la place de notre cher Lézard des murailles (Podarcis muralis) continental et qui semble repousser par compétition son équivalent tyrrhénien (Podarcis tiliguerta) vers les zones plus en altitude : le Lézard sicilien (Podarcis sicula). De format comparable à celui du Lézard des murailles, il en diffère cependant par la présence, au moins chez les mâles, de deux lignes vert pomme sur le dos. Sa gorge est unie ce qui le différencie du Lézard tyrrhénien. Il est toutefois très polymorphe et sa capacité d'adaptation aux nouveaux environnement est tout à fait impressionnante. En effet, l'introduction expérimentale de 5 couples de Lézards siciliens sur un îlot dont il était absent il y a une quarantaine d'années, a donné lieu a une évolution spectaculairement rapide de ses caractéristiques dans ce nouvel environnement. En 2006, les individus formant la population introduite avaient carrément changé de régime alimentaire, adoptant la phytophagie au lieu de l'omnivorie. Leurs mâchoires étaient en moyenne plus volumineuses et leur tube digestif avait également évolué ce qui leur permettait de mieux faire face à ce changement d'habitudes alimentaires ! Tout cela se produisit en moins de 100 générations, ce qui constitue un fait remarquable au regard d'autres macro animaux mais pas unique puisque d'autres travaux du même type montrent des résultats semblables chez d'autres espèces de lézards. En tous cas, les photographies ci-dessous démontrent que le Lézard sicilien s'accomode très bien de l'aslphalte pour se réchauffer !

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Lézard sicilien (Podarcis sicula) mâle en train de se réchauffer sur l'asphalte de la route de notre gîte ! Les deux bandes vertes dorsales sont assez caractéristiques de cette espèce (Porticcio, hameau de Sampiero, Corse du sud, juillet 2016, Canon EOS 50 D + 100 mm macro)

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Lézard sicilien (Podarcis sicula) femelle en train de se réchauffer sur un muret de notre gîte ! Les deux bandes vertes dorsales sont assez caractéristiques de cette espèce, la gorge unie différencie les individus peu marqués de vert des Lézard tyrrhéniens avec lesquels ont été notées des hybridations  (Porticcio, hameau de Sampiero, Corse du sud, juillet 2016, Canon EOS 50 D + 100 mm macro)