Chassé croisé chez les Rougegorges à l'automne
En ce moment, ils sont partout ! Depuis déjà un bon mois et demi, les promenades dans les parcs et jardins résonnent de ce petit chant qui évoque mélodieusement le parcours de l'eau dans une petit ruisseau de montagne. Ainsi, les notes émises par le Rougegorge (Erithacus rubecula) mâle sont tantôt assez rapides et stridentes, tantôt plus lentes, presque traînantes. L'hiver, de nombreux Rougegorges arrivent des pays nordiques et passent la mauvaise saison dans les pays plus méridionaux (comme la France). Ainsi, l'individu que l'on voit nicher dans son jardin n'est pas forcément le même que celui qui vient picorer à notre mangeoire au mois de janvier. Chez cette espèce on observe par ailleurs un regain de l'activité de chant à l'automne où chaque individu défend vigoureusement un territoire qui lui permet de se nourrir pendant la durée de la mauvaise saison. C'est le matin de bonne heure ou le soir au crépuscule que ces oiseaux se manifestent le plus, certains profitant même des éclairages publics pour prolonger le concert alors que la nuit est déjà tombée !
Rougegorge familier (Erithacus rubecula), (Octobre 2011, Parc de Gerland à Lyon, EOS 50 D 300 mm f4 + extender 1,4 x)
Rougegorge familier (Erithacus rubecula), (Octobre 2011, Parc de Gerland à Lyon, EOS 50 D 300 mm f4 + extender 1,4 x)
PS : Pour les lecteurs réguliers de ce blog, je suis désolé pour le rythme très lent des mises à jour, la motivation est toujours bien là mais le temps fait souvent défaut ! Je participe par ailleurs à la publication de petits articles (reprenant parfois ces photos) sur le site du département de biologie de l'Ecole Normale Supérieure de Lyon. Vous y trouverez également de très beaux articles rédigés par mes collègues beaucoup plus calés que moi notamment en ce qui concerne les plantes. Voici le lien :
http://biologie.ens-lyon.fr/ressources/biodiversite
Bonne lecture naturaliste !
JPM
C'est Mr qui décide chez les Naïades !
Voici un couple de Naïade au corps vert (Erythromma viridulum). La femelle se trouve à l'arrière. Le mâle la tient en insérant ses crochets abdominaux entre la tête et le thorax de sa belle. Pendant l'accouplement, l'extrémité abdominale de la femelle se recourbe et vient se plaquer contre l'orifice génital du mâle situé à l'avant de son abdomen. Cette figure ressemble souvent à un coeur. Une fois l'accouplement terminé, au lieu de délivrer sa compagne, le mâle l'emmène dans un endroit qu'il a choisi pour la ponte. Cet accompagnement un peu viril permet aussi au mâle de s'assurer de la "fidélité" de la femelle en évitant qu'elle ne succombe aux charmes d'un courtisan de passage. Sur le cliché, on distingue nettement l'abdomen de la femelle plongé dans l'eau. Lors de la ponte, les oeufs sont déposés sur des plantes aquatiques. Leur développement conduira à l'éclosion d'une larve qui passera l'hiver dans l'eau avant de se métamorphoser au printemps pour donner un imago aérien.
Couple de Naïade au corps vert (Erythromma viridulum) lors de la ponte (Août 2011, Parc de Gerland à Lyon, EOS 50 D 300 mm f4 + extender 1,4 x)
Randonnée à haut risque pour les Tritons...
Chez les Tritons, l'année se divise en deux saisons. De la fin de l'hiver au début de l'été, ces Amphibiens sont aquatiques. Ils fréquentent en effet les mares et les petits trous d'eau forestiers. C'est pendant cette phase aquatique que se déroule les accouplements et la ponte. Et puis, courant juillet, les Tritons, au nombre de 5 espèces et un hybride en France, quittent le milieu aquatique pour vivre à l'air libre. C'est pendant cette phase que les populations subissent les plus fortes pertes dues notamment à la prédation. A la fin de l'automne, les Tritons s'abritent dans une fissure, sous une pierre ou une souche et passent l'hiver en vie ralentie. Ce cliché date de la fin du mois de juillet, nous sommes donc en présence d'un adulte en phase terrestre. Remarquez la peau très rugueuse, les tâches jaunes sur les doigts : ce sont quelques unes des caractéristiques du Triton crêté (Triturus cristatus, une femelle ici), le plus grand Triton de France. Cette espèce protégée peut vivre 7 à 8 ans dans la nature mais atteint 25 ans en captivité !
Triton crêté (Triturus cristatus), femelle en phase terrestre (Juillet 2011, Massif du Vercors, Canon 50 D 300 mm f4)
Un petit moment d'amour chez les Miramelles
Bon, je vous l'accorde, ce cliché est un peu voyeur mais il me permet de montrer plusieurs choses : tout d'abord cette très jolie espèce d'Acridien (ce sont les Criquets, c'est à dire les orthoptères dont les antennes sont courtes, de longueur inférieure à celle du corps), la Miramelle alpestre (Miramella alpina). Cette espèce (et le genre Miramella) a pour particularité le fait que les adultes sont non volants, ne possédant que des ébauches d'ailes visibles ici. Chez les autres espèces de Criquets, les immatures possèdent de telles ébauches mais la dernière mue dite mue imaginale, permet l'acquisition de la maturité sexuelle et le développement des ailes. Cette scène précédent immédiatement l'accouplement montre le mâle au dessus de la femelle. Cependant, pendant l'acte sexuel, le mâle vient recourber son abdomen sous l'extrémité de celui de la femelle (qui est d'ailleurs plus volumineuse que lui !). Remarquez également l'orifice qui se trouve juste au dessus des pattes sauteuses de la femelle : il s'agit de l'organe tympanique (auditif) de l'animal.
Miramelles aplestres (Miramella alpina), accouplement (Massif du Vercors, Juillet 2011, EOS 50 D 300 mm f4 + extender 1.4 x)
Les fleurs "labellisées" du Vercors
Jusqu'à présent, il était plutôt rare que je regarde mes pieds pendant mes balades. Mais cette période de négligence est désormais révolue ! Je vais maintenant réserver une place non négligeable à nos amies les plantes sur ce blog et je vous propose pour commencer de vous présenter les quelques espèces d'Orchidées que j'ai trouvées sur mon chemin pendant ces vacances. Ces plantes sont en effet tout à fait fascinantes, tant par leur structure que par leur écologie. Cette célèbre famille pourrait avoir dérivé des liliacées (famille du Lys, de la Tulipe...) dont les fleurs sont actinomorphes c'est à dire qu'elles ont une symétrie radiale. Chez les Orchidées, cette symétrie est perdue au profit d'une symétrie bilatérale qui fait suite à une réduction des deux pétales latéraux et un développement du pétale inférieur, appelé labelle. Ce pétale surdimensionné permet l'envoi d'informations visuelles aux pollinisateurs éventuels. Le pollen se trouve aggloméré au niveau de pollinies situées dans un gynostème au dessus du labelle sur lequel se posent les insectes. Lorsque ceux-ci tentent d'atteindre l'éventuel nectar localisé au fond d'un épéron, les pollinies sont en contact avec leur face dorsale...et le tour est joué. Ce sont les couleurs, la forme, l'odeur et la profondeur de l'éperon de la fleur qui déterminent quels animaux vont pouvoir...ou vouloir se poser dessus et assurer le service de pollinisation. Certaines espèces ne peuvent être pollinisées que par une seule espèce de pollinisateur ce qui donne lieu à de fantastiques exemples de co-évolution.
La période phare de la floraison des Orchidées s'étend entre mai et juin mais quelques espèces peuvent être trouvées en fleur plus tard. C'est le cas des Nigritelles comme cette Nigritelle noire (Gymnadenia rhellicani), observée abondamment sur les pelouses calcaires subalpines. Cette petite Orchidée discrète est surtout pollinisée par des lépidoptères.
Nigritelle noire (Gymnadenia rhellicani), (Août 2011, Combe charbonnière, Canon EOS 50D 105 mm Macro).
Les Orchidées sont souvent affublées de noms vernaculaires évocateurs la plupart du temps en relation avec une forme anecdotique de la fleur. J'avoue ne pas trop savoir pourquoi la suivante est surnommée l'Orchis moucheron (Gymnadea conopsea). Cette grande Orchidée est en tous cas aisément reconnaissable à ses fleurs rose pâle dotées d'un très long éperon. On la trouve dans les milieux ouverts en pleine lumière comme ce fut le cas ici.
Orchis moucheron (Gymnadenia conopsea), (Août 2011, Pas d'Ernadant, Canon EOS 50D 105 mm Macro).
Orchis moucheron (Gymnadenia conopsea) détail de la fleur, (Août 2011, Col vert, Canon EOS 50D 105 mm Macro).
Les lisières de forêt, plus ombragées, sont un lieu privilégié pour trouver certaines espèces d'Orchidées comme l'Epipactis helléborine (Epipactis helleborine) ou l'Epipactis rouge-sombre (Epipactis atrorubens). On reconnaît facilement les Epipactis à leurs petites fleurs en étoile souvent portées sur de longues tiges. Elles sont polinisées par un nombre important de pollinisateurs différents mais il semble que les guêpes sociales (Vespidae) jouent un rôle majeur. Ces dernières sont en tous cas récompensées par le nectar que sécrète ces fleurs.
Epipactis helléborine (Epipactis helleborine) (Août 2011, Villard de Lans, Canon EOS 50D 105 mm Macro).
Epipactis helléborine (Epipactis helleborine) détail de la fleur, (Août 2011, Méaudre, Canon EOS 50D 105 mm Macro).
Epipactis rouge-sombre (Epipactis atrorubens) détail de la fleur, (Août 2011, Villard de Lans, Canon EOS 50D 105 mm Macro).
Epipactis rouge-sombre (Epipactis atrorubens) détail de la fleur, (Août 2011, Villard de Lans, Canon EOS 50D 105 mm Macro).
Difficile d'être plus discrète que la Goodyère rampante (Goodyera repens) dont les fleurs sont vraiment minuscules mais toujours organisées selon le modèle "Orchidée". Cette espèce pousse plutôt à l'ombre des forêt de résineux et est considérée comme rare en France. Cependant, l'enrésinement des forêts pourrait lui profiter, il s'agit donc d'ouvrir l'oeil pour repérer ces petites fleurs pubescentes !
Goodyère rampante (Goodyera repens), (Août 2011, Villard de Lans, Canon EOS 50D 105 mm Macro).
Pour terminer ce petit tour d'horizon, voici une Orchidée que seul un bon coup de chance m'a permis de déceler. Si nous n'avions pas pique-niqué à côté, je l'aurais ratée ! Et cela aurait été bien dommage car l'Orchis grenouille (Coeloglossum viride) est une Orchidée peu fréquente. Son nom venaculaire vient de la forme du labelle lorsque les fleurs sont ouvertes : elles ressemblent en effet à un amphibien ! Je regrette que celle-ci n'ait pas encore été ouverte...
Orchis grenouille (Coeloglossum viride), (Août 2011, Combe charbonnière, Canon EOS 50D 105 mm Macro).
Quelques mosaïques du Vercors
La montagne offre la perspective de découvrir des espèces que l'on ne rencontre pas en plaine dont les conditions climatiques et pédologiques sont souvent bien différentes. Ce renouvellement d'espèces est particulièrement marqué pour les plantes et leurs pollinisateurs dont font partie les papillons. On peut alors constater des phénomènes d'étagement, c'est à dire observer une succession d'espèces proches à des altitudes différentes, chacune d'entre elles occupant un étage un peu comme dans un immeuble. L'étage où l'on trouvera une espèce dépendra à la fois de ses tolérances vis à vis de la température, du taux d'humidité, de l'ensoleillement mais aussi de la présence de la plante sur laquelle elle pnod ses oeufs et aux dépens de laquelle cette dernière se nourrira. Un très bel exemple d'étagement concerne le genre Erebia, les Moirés. Ci-dessous figurent successivement le Moiré arverne (Erebia arvernensis) que l'on trouve plutôt sur les pelouses subalpines donc au delà de la limite des arbres et le Moiré blanc-fascié (Erebia ligea) plutôt caractéristique de l'étage montagnard (situé plus bas). Remarquez les reflets cuivrés du premier qui dépendent de l'angle sous lequel on regarde le papillon.
Moiré arverne (Erebia arvernensis) (Août 2011, Col Vert, Canon EOS 50D 105 mm Macro)
Moiré blanc-fascié (Erebia ligea) (Août 2011, Massif du Vercors, Canon EOS 50D 300 mm + extender 1,4x)
Dans l'ensemble, il n'est pas trop difficile d'identifier un rhopalocère (papillon de jour) lorsque l'on est armé d'une bonne clé de détermination. Toutefois, certaines espèces peuvent nous jouer de vilains tours lorsqu'il s'agit de leur donner un petit nom à cause de leur polymorphisme. En effet, certaines espèces comme cette Hespérie de la Parcinière (Pyrgus carlinae) peuvent se présenter sous deux formes distinctes dites "claire" et "sombre". L'un des critères d'identification pour la forme claire, à savoir le "C" inversé dans la cellule de l'aile antérieure n'est plus présent chez la forme sombre, un vrai casse-tête...et c'est à que les amis spécialistes interviennent et je remercie Benjamin Bergerot pour son aide précieuse tout en vous recommandant son ouvrage récent "Sur la piste des papillons", je lui dois bien cela !
Hespérie de la Parcinière (Pyrgus carlinae) (Août 2011, Massif du Vercors, Canon EOS 50D 300 mm + extender 1,4x)
Hespérie de la Parcinière (Pyrgus carlinae) (Août 2011, Alpage de la Molière, Canon EOS 50D 300 mm + extender 1,4x)
C'est actuellement la pleine saison pour observer ce papillon ni blanc ni noir qui porte si bien son nom de Demi-deuil (Melanargia galathea). Celui-ci est en outre parasité par un petit acarien rouge du genre Trombidium.
Demi-deuil (Melanargia galathea), (Août 2011, Massif du Vercors, Canon EOS 50D 105mm Macro)
Actuellement, volent les papillons de la seconde génération annuelle de Petites Tortues (Aglais urticae). Cette espèce autrefois très commune subit actuellement un rapide déclin sans que l'on sache précisément à quoi l'attribuer. Certainement pas à la disparition de sa plante-hôte, l'Ortie, qui prolifère au contraire. Alors sécheresse (qui diminue la qualité nutritive des plantes dont se nourrissent les chenilles), pollution ? Les études scientifiques à grande échelle comme l'Observatoire des Papillons des Jardins (auquel tout un chacun peut participer) le découvriront sans doute...
Petite Tortue (Aglais urticae), (Août 2011,Méaudre, Canon EOS 50D 300 mm + extender 1,4x)
Petite Tortue (Aglais urticae), (Août 2011,Méaudre, Canon EOS 50D 300 mm + extender 1,4x)
Tout le monde a déjà croisé un papillon de ce groupe aux couleurs orangées et pontués de noir. Ce sont les Nacrés avec ici le Grand Nacré (Argynnis aglaja) dans une vue un peu originale (qui ne facilite pas la détermination...).
Grand Nacré (Argynnis aglaja) (Août 2011, Col Vert, Canon EOS 50D 105 mm Macro)
Et voici un autre membre du groupe, le Chiffre (Fabriciana niobe), toujours dans les mêmes tons.
Chiffre (Fabriciana niobe) (Août 2011, Massif du Vercors, Canon EOS 50D 300 mm + extender 1,4x)
Une impression de douceur émane de cette photographie et de ce papillon et elle serait renforcée à la vision de cette espèce volettant nonchalamment d'une brassicacée à une autre (les plantes de la famille du Chou). La présence de soies sur les ailes postérieures de la Piéride de la Moutarde (Leptidea sinapis) lui confère cette impression de fragilité et de délicatesse. Elle est ici posée sur une brassicacée, ce qui n'est vraiment pas surprenant pour une Piéride !
Piéride de la Moutarde (Leptidea sinapis), (Août 2011, Villard de Lans, Canon EOS 50D 105 mm Macro)
Nous nous quittons aujourd'hui sur cette couleur orange dont je ne me lasse pas et qui est l'apanage du désormais célèbre Cuivré de la Verge d'Or (Heodes virgaurae), tout simplement superbe !
Cuivré de la Verge d'Or (Heodes virgaurae), (Août 2011, Plaine d'Herbouilly, Canon EOS 50D 300 mm + extender 1,4x)
L'Apollon et ses berceaux
Je vous avais déjà présenté cette espèce typique des alpages dans un article précédent. Je veux parler de ce papillon splendide qu'est l'Apollon (Parnassius apollo). Cette fois, je complète la description en vous présentant les lieux où la plupart de ses chenilles voient le jour. En effet, la plupart des espèces de papillons (rhopalocères comme hétérocères) ne pondent leurs oeufs que sur un nombre limité d'espèces de plantes. Bien souvent, la distribution des plantes-hôtes conditionne donc la répartition du papillon : " Dis moi où tu ponds, je te dirais où je risque de te voir virevolter ! ". L'Apollon pond sur des plantes grasses comme des Sedums, principalement le Sedum acre et les Joubarbes comme la Joubarbe des toits (Sempervivum tectorum). Voici donc à la fois les imagos et leurs berceaux ! Espérons que nous aurons encore longtemps le loisir d'admirer ce géant dans nos massifs car il est menacé par la déprise agropastorale qui conduit à la fermeture des milieux mais aussi par le réchauffement climatique qui réduit la couche de neige hivernale nécessaire au bon développement de la chenille.
Apollon (Parnassius apollo), femelle (Août 2011, Col Vert, Canon EOS 50 D 105 mm macro)
Apollon (Parnassius apollo), femelle (Août 2011, Col Vert, Canon EOS 50 D 105 mm macro)
Sedum acre (Août 2011, Les Clots, Canon EOS 50 D 105 mm macro)
Joubarbe des toits (Sempervivum tectorum), (Août 2011, Col Vert, Canon EOS 50 D 105 mm macro)
Joubarbe des toits (Sempervivum tectorum), (Août 2011, Col Vert, Canon EOS 50 D 105 mm macro)
Le sifflet de la montagne
Avant 8h, pas grand chose...et puis, un premier sifflement bien sec et très aigu ! Manifestement, le réveil a sonné au fond des terriers. Dès que les premiers rayons de soleil viennent lécher les pierriers, les Marmottes (Marmota marmota) sortent de leurs petits souterrains. En quête de nourriture, elles recherchent les espaces découverts où la surveillance des prédateurs (qui peuvent venir d'en haut comme d'en bas) est plus facile. La Marmotte se nourrit essentiellement de plantes dont elle consomme les tiges, les graines, les feuilles mais aussi les baies. Les jeunes sont un peu plus téméraires que les adultes et donc plus faciles à approcher (toujours très discrètement). Ils sont aussi relativement curieux. A la fin de l'été viendra le temps de constituer une importante quantité de réserves sous forme de graisse pour pouvoir affronter l'hiver en hibernation. Une Marmotte adulte de 7 kg ressortira au printemps en ayant perdu la moitié de son poids !
Marmotte (Marmota marmota), juvénile (Août 2011, Alpage de la Molière, Canon EOS 50 D 300mm f4 + extender 1,4x)
Marmotte (Marmota marmota), juvénile (Août 2011, Pas d'Ernadant, Canon EOS 50 D 300mm f4 + extender 1,4x)
Marmotte (Marmota marmota), juvénile (Août 2011, Pas d'Ernadant, Canon EOS 50 D 300mm f4 + extender 1,4x)
La grande faune du Vercors
C'est à nouveau dans le Vercors que je passe mes vacances cette année. Promis, l'année prochaine, on changera ! Cependant, le Vercors est un massif dans lequel la grande faune est relativement accessible de par la faible altitude des sommets (autour de 2000 mètres). L'année dernière, je n'avais pas observé de vieux mâles de Bouquetin (Capra ibex), seulement des femelles et quelques jeunes mâles. C'était donc la quête de cette année. Je n'ai pas été déçu ! Voici quelques photos de ce magnifique mammifère dont la tranquilité au passage du randonneur est légendaire. Au passage, on peut remarquer que les mâles se tiennent bien souvent ensemble hors période de rut (qui intervient en décembre). C'était le cas ici, avec des indvidus d'âges différents. Le plus vieux mâle de la harde avait probablement entre 12 et 15 ans (la longévité maximale est estimée à 25 ans chez le Bouquetin des Alpes).
Bouquetin des Alpes (Capra ibex), mâle (Août 2011, Arêtes du Gerbier, Canon 300 mm f4 + extender 1,4 x)
Bouquetin des Alpes (Capra ibex), mâle (Août 2011, Arêtes du Gerbier, Canon 300 mm f4 + extender 1,4 x)
Bouquetins des Alpes (Capra ibex), mâle (Août 2011, Arêtes du Gerbier, Canon 300 mm f4 + extender 1,4 x)
Bouquetin des Alpes (Capra ibex), mâle (Août 2011, Pas d'Ernadant, Canon 300 mm f4 + extender 1,4 x)
En ce qui concerne le Chamois (Rupicapra rupicapra), la rencontre est souvent plus furtive si l'on n'est pas dissimulé en affût. Cet autre Caprin fait est chassé et donc beaucoup plus méfiant vis à vis de l'Homme. Il détale donc assez rapidement ce qui laisse entrevoir ses talents d'escaladeur hors pair grâce à ses sabots qui peuvent s'écarter pour s'adapter aux aspérités des rochers. Actuellement, les hardes, souvent menées par une vieille femelle comprennent également les cabris de l'année comme on peut le voir sur la dernière photographie. Ces derniers sont très vite capables de suivre le groupe même dans les endroits les plus escarpés. Seuls l'Aigle Royal et éventuellement le Loup et le Lynx pourront alors les inquiéter.
Chamois (Rupicapra rupicapra), (Août 2011, Pas de la Balme, Canon 300 mm f4 + extender 1,4 x)
Chamois (Rupicapra rupicapra), (Août 2011, Pas de la Balme, Canon 300 mm f4 + extender 1,4 x)
Chamois (Rupicapra rupicapra), harde (Août 2011, Arêtes du Gerbier, Canon 300 mm f4 + extender 1,4 x)
Chamois (Rupicapra rupicapra), femelle et cabri (Août 2011, Les Jarrands, Canon 300 mm f4 + extender 1,4 x)
Deux pêcheurs efficaces
Voici les photos de deux espèces qui comptent parmi les meilleurs pêcheurs de France. La première est le Grand Cormoran (Phalacrocorax carbo). Cette espèce affectionne à l'origine davantage les milieux côtiers. Depuis quelques décennies, elle a conquis l'intérieur des terres, profitant des pièces d'eau à vocation piscicole. Ayant la mauvaise réputation de faire concurrence aux pêcheurs, elle fait l'objet de plans de régulation. Remarquez la couleur verte des yeux et la terminaison légèrement crochue du bec qui permet de bien maintenir le poisson capturé sous l'eau en chasse à courre. Les plongées peuvent d'ailleurs durer plus d'une minute. En revanche, après la plongée, le Cormoran est obligé de consacrer une partie importante de son temps à se sècher les ailes ouvertes sur un perchoir parce que son plumage n'est pas étanche.
Grand Cormoran (Phalacrocorax carbo) après une pêche (Mai 2011 Parc départemental de la Courneuve (93), EOS 50 D 300 mm + extender 1,4x)
Très ubiquiste du moment que le milieu aquatique est riche en poissons, le Grèbe huppé (Podiceps cristatus) plonge et replonge en quête de ses proies écailleuses. En période de reproduction, vous aurez peut-être la chance de voir les parents porter leurs moutards sur leur dos (on ne distingue alors que la tête de ces petits passagers). Cette espèce est aisément reconnaissable à sa collerette orangée et noire et sa taille plus importante que celle des autres grèbes.
Grèbe huppé (Podiceps cristatus) en train de pêcher ((Mai 2011 Parc départemental de la Courneuve (93), EOS 50 D 300 mm + extender 1,4x)






































