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30 septembre 2016

La biche volante

La France métropolitaine compte quand même quelques espèces de "gros" Coléoptères dont la rencontre est toujours impressionnante. S'il ne rivalise pas avec certains de ces cousins des basses latitudes, le Lucane cerf-volant (Lucanus cervus) fait pourtant partie de ceux-là. Les mâles sont des figures emblématiques de nos chênaies dans lesquelles ils se développent, les larves passant plusieurs années dans le bois mort. Les mandibules des imagos mâles hypertrophiées et ramifiées comme des bois de cerf leur valent le nom de cerf-volant. Cependant, les femelles, tout comme les biches du cerf sont dépourvues de cette ramure ou plutôt possèdent des mandibules adaptées au prélèvement de la nourriture et non au combat entre rivaux ! Cet attribut spécifique des mâles est un bel exemple de sélection sexuelle puisque ce sont ceux qui possèdent les plus puissantes et longues mandibules qui ont le plus de chances d'emporter les faveurs des grandes biches en écartant leurs rivaux lors de combats spectaculaires. Voici ci-dessous quelques photographie d'une de ces grandes biches croisée sur un sentier en plein jour alors que l'animal est plutôt actif à la tombée de la nuit.

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Lucane cerf-volant (Lucanus cervus) femelle en posture défensive. Les mandibules écartées ne sont pas très engageantes ! (Parc de Miribel-Jonage, juillet 2016, EOS 50D + 100 mm macro)

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Lucane cerf-volant (Lucanus cervus) femelle en posture défensive. (Parc de Miribel-Jonage, juillet 2016, EOS 50D + 100 mm macro)

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Lucane cerf-volant (Lucanus cervus) femelle. (Parc de Miribel-Jonage, juillet 2016, EOS 50D + 100 mm macro)

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Lucane cerf-volant (Lucanus cervus) femelle. Les antennes à rôle olfactif sont ici bien visibles. (Parc de Miribel-Jonage, juillet 2016, EOS 50D + 100 mm macro)


20 septembre 2016

Une armée de solitaires

Je profite de l'abondance d'abeilles solitaires du genre Anthidium couramment appelées Anthidies ou abeilles cotonnières sur les fleurs de Salicaires du Parc de Gerland pour poster quelques photographies et rappeler que le service de pollinisation des fleurs (et de celles que nous cultivons en particulier) est loin d'être le seul fruit du travail de l'Abeille domestique (Apis mellifera). La pollinisation a existé bien avant l'apparition de l'abeille domestique et nombreux sont les insectes susceptibles de la réaliser. Le groupe d'Hyménoptères comprenant l'Abeille domestique (les Apoidea) est riche de centaines d'espèces d'abeilles dites "solitaires" qui nourrissent leur progéniture de nectar et de pollen et participent largement à la reproduction des plantes à fleurs. Les débats actuels autour de l'utilisation des pesticides sont focalisés sur quelques espèces bien connues dont l'Abeille domestique ou le Bourdon terrestre (Bombus terrestris) parce que ce sont ces populations qui sont le mieux étudiées. De part la taille de leurs colonies (une colonie d'abeilles domestique comprend environ 10 000 abeilles, une colonie de bourdons terrestres quelques centaines d'ouvrières), ces espèces sont sans doute plus robustes aux effets des pesticides comme les néonicotinoïdes que les espèces solitaires comme les Anthidies ou encore les Osmies. Pour en revenir aux Anthidies, ces espèces ont la particularité de récupérer des fibres végétales pour tisser leur nid ce qui leur vaut le surnom d'abeille cotonnière. Les mâles sont beaucoup plus gros que les femelles sur lesquels ils sautent à la moindre occasion ce que j'ai pu constater ce matin. Les femelles possèdent un ensemble de soies sur la face ventrale de leur abdomen appelée brosse ventrale qui leur permet de récolter du pollen dont elle nourrit sa progéniture. Vous pourrez retrouver de très jolies photos et explications dans un chouette article en suivant ce lien !

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Anthidie (Anthidium sp.) mâle en train de prélever le nectar d'une fleur de Salicaire (Lythrum salicaria). (Parc de Gerland, Lyon, juillet 2016, EOS 50D + 100 mm macro)

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Anthidie (Anthidium sp.) femelle en train de prélever le nectar d'une fleur de Salicaire (Lythrum salicaria). Les nectaires de la fleur se trouvent au fond de la corolle ce qui oblige l'abeille à insérer ses pièces buccales différenciées en langue à l'intérieur de celle-ci. (Parc de Gerland, Lyon, juillet 2016, EOS 50D + 100 mm macro)

 

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Anthidie (Anthidium sp.) femelle en train de prélever le nectar d'une fleur de Salicaire (Lythrum salicaria). (Parc de Gerland, Lyon, juillet 2016, EOS 50D + 100 mm macro)

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Accouplement d'Anthidies (Anthidium sp.). Le mâle presque deux fois plus gros que la femelle bondit dessus et ne lui laisse guère le choix... (Parc de Gerland, Lyon, juillet 2016, EOS 50D + 100 mm macro)

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Anthidie (Anthidium sp.) femelle en train de prélever le nectar d'une fleur de Salicaire (Lythrum salicaria). Le genre Anthidium est facile à reconnaître à la forme de son abdomen globuleux et à ses motifs latéraux jaune vif. Sa pilosité la différencie au premier coup d'oeil d'une guêpe. (Parc de Gerland, Lyon, juillet 2016, EOS 50D + 100 mm macro)

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Accouplement d'Anthidies (Anthidium sp.). Madame semble continuer à butiner...(Parc de Gerland, Lyon, juillet 2016, EOS 50D + 100 mm macro)

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Anthidie (Anthidium sp.) mâle en train de prélever le nectar d'une fleur de Salicaire (Lythrum salicaria). Pendant ce temps là, une autre toute petite abeille s'est posées délicatement sur les ailes du géant ! (Parc de Gerland, Lyon, juillet 2016, EOS 50D + 100 mm macro)

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Cette Abeille domestique (Apis mellifera) tire sa révérence, pendue aux chélicères d'une araignée-crabe (Misumena vatia) qui vient de la paralyser de son venin puissant agissant très rapidement. (Parc de Gerland, Lyon, juillet 2016, EOS 50D + 100 mm macro)

10 septembre 2016

Couleurs complémentaires

Pour le plaisir des yeux, voici deux photos de Libellule écarlate (Crocothemis erythraea), sur fond de verdure. Le plein été est une saison de choix pour partir à la rencontre d'un grand nombre d'espèces dont les adultes sont présents. Vous pourrez par exemple constater les préférences de chacune par rapport au type de milieu aquatique et au type de végétation. Cet anisoptère très commun est sans doute l'une de nos plus spectaculaires libellules. Elle préfère les milieux d'eaux stagnantes et se trouvait ici en nombres importants sur les bassins de la Cité des tortues A Cupulatta située dans la vallée de Gravona en Corse du Sud. La position d'affût avec abdomen légèrement relevée, est assez typique de ce groupe de Libellulidés.

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Libellule écarlate (Crocothemis erythraea) mâle à l'affût le long d'un bassin d'eau stagnante. (Cité des Tortues, A Cupulatta, Corse du Sud, juillet 2016, EOS 50 D + 50 mm macro)

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Libellule écarlate (Crocothemis erythraea) mâle adoptant la position de l'obélisque, participant peut-être à la thermorégulation de l'animal. (Cité des Tortues, A Cupulatta, Corse du Sud, juillet 2016, EOS 50 D + 50 mm macro)

30 août 2016

Le petit Poucet

Voici quelques images d'un comportement très intéressant à observer chez un papillon : la ponte par la femelle. Il s'agit ici d'une femelle d'Azuré de Lang (Leptotes pirithous), une espèce de la frange méditerranéenne présente aussi en Corse. Très facile à identifier grâce à son motif vermiculé caractéristique au revers de ses ailes, elle fréquente les endroits un peu humides et se trouvait ici au abords d'un cours d'eau, la Gravona en Corse du Sud. La ponte qui a lieu sur ces clichés sur un pied de Dentelaire du Cap (Plumbago auriculata), une plante ornementale, se fait suite à une inspection minutieuse des bourgeons par la femelle. Elle ne choisit de pondre que dans des bourgeons floraux d'une certaine maturité, ni trop fermés, ni trop ouverts. Lorsqu'elle a trouvé le bon, elle incline alors son abdomen vers les parties végétales et pond un oeuf unique, blanchâtre et minuscule qui adhère au bourgeon. Ce petit manège dure plusieurs minutes, de ponte en ponte, comme un semis de petits cailloux pleins de vie, portant la génération suivante...

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Azuré de Lang (Leptotes pirithous) femelle. En France seuls deux espèces d'azurés présentent ce type de motif vermiculé sur le revers des ailes, ce sont les Azurés porte-queue (Lampides boeticus) et de Lang. Le premier présente une bande claire marginale sur le revers qui n'est pas présente chez l'Azuré de Lang. (Cité des tortues, A Cupulatta, vallée de la Gravona, Corse du sud, juillet 2016, EOS 50D + 100 mm macro)

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Azuré de Lang (Leptotes pirithous) femelle en train de pondre sur un pied de Dentelaire du Cap (Plumbago auriculata). La femelle choisit méticuleusement les bourgeons sur lesquelles elle décide de laisser un oeuf unique. (Cité des tortues, A Cupulatta, vallée de la Gravona, Corse du sud, juillet 2016, EOS 50D + 100 mm macro)

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Azuré de Lang (Leptotes pirithous) femelle en train de pondre sur un pied de Dentelaire du Cap (Plumbago auriculata). La femelle choisit méticuleusement les bourgeons sur lesquelles elle décide de laisser un oeuf unique. (Cité des tortues, A Cupulatta, vallée de la Gravona, Corse du sud, juillet 2016, EOS 50D + 100 mm macro)

20 août 2016

Un corse bien polymorphe !

Comme promis dans le précédent article, voici quelques lignes sur le Lézard de basse altitude en Corse, celui qui occupe la place de notre cher Lézard des murailles (Podarcis muralis) continental et qui semble repousser par compétition son équivalent tyrrhénien (Podarcis tiliguerta) vers les zones plus en altitude : le Lézard sicilien (Podarcis sicula). De format comparable à celui du Lézard des murailles, il en diffère cependant par la présence, au moins chez les mâles, de deux lignes vert pomme sur le dos. Sa gorge est unie ce qui le différencie du Lézard tyrrhénien. Il est toutefois très polymorphe et sa capacité d'adaptation aux nouveaux environnement est tout à fait impressionnante. En effet, l'introduction expérimentale de 5 couples de Lézards siciliens sur un îlot dont il était absent il y a une quarantaine d'années, a donné lieu a une évolution spectaculairement rapide de ses caractéristiques dans ce nouvel environnement. En 2006, les individus formant la population introduite avaient carrément changé de régime alimentaire, adoptant la phytophagie au lieu de l'omnivorie. Leurs mâchoires étaient en moyenne plus volumineuses et leur tube digestif avait également évolué ce qui leur permettait de mieux faire face à ce changement d'habitudes alimentaires ! Tout cela se produisit en moins de 100 générations, ce qui constitue un fait remarquable au regard d'autres macro animaux mais pas unique puisque d'autres travaux du même type montrent des résultats semblables chez d'autres espèces de lézards. En tous cas, les photographies ci-dessous démontrent que le Lézard sicilien s'accomode très bien de l'aslphalte pour se réchauffer !

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Lézard sicilien (Podarcis sicula) mâle en train de se réchauffer sur l'asphalte de la route de notre gîte ! Les deux bandes vertes dorsales sont assez caractéristiques de cette espèce (Porticcio, hameau de Sampiero, Corse du sud, juillet 2016, Canon EOS 50 D + 100 mm macro)

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Lézard sicilien (Podarcis sicula) femelle en train de se réchauffer sur un muret de notre gîte ! Les deux bandes vertes dorsales sont assez caractéristiques de cette espèce, la gorge unie différencie les individus peu marqués de vert des Lézard tyrrhéniens avec lesquels ont été notées des hybridations  (Porticcio, hameau de Sampiero, Corse du sud, juillet 2016, Canon EOS 50 D + 100 mm macro)


10 août 2016

Quelques spécialités corses...la suite !

Les reptiles terrestres et les amphibiens comptent énormément d'espèces endémiques de part le monde et notamment sur les îles. Cette caractéristique est très certainement a relier à leur faible capacité de dispersion, particulièrement dès qu'il s'agit de traverser un bras de mer. Lorsqu'un petit nombre d'individus parvient en effet à réaliser cette bien involontaire prouesse (souvent en dérivant sur du bois mort ou d'autres débris, pensez par exemple à la conquête de l'archipel des Galapagos par les iguanes originaires du continent américain !), cette mini-population de fondateurs peut s'établir dans le nouveau territoire conquis et se différencier de sa population d'origine. Dans le cas où l'espèce possède une très faible capacité à traverser la barrière (océan, mer, montagne), la probabilité qu'un tel évènement ne se reproduise est suffisamment faible pour couper toute possibilité de flux génétique entre les deux populations ce qui entraîne une divergence progressive par sélection ou bien par dérive génétique. On trouve des Lézards "un peu différents" les uns des autres sur de très nombreuses îles méditerrannéennes et la Corse ne fait pas exception avec le Lézard tyrrhénien (Podarcis tiliguerta). Le promeneur distrait le considérera comme un vulgaire Lézard des murailles (Podarcis muralis) si commun sur le continent et pourtant absent de Corse. Mais l'observation attentive révèle, notamment chez les mâles qui sont plus colorés, une teinte vert-bleutée au niveau de la queue et parfois même sur l'ensemble du corps. Par ailleurs, de petites taches bleues sont visibles en plus grand nombre sur les flancs de l'animal au niveau des insertions des pattes. J'ai surtout rencontré cette espèce en moyenne montagne dans les endroits caillouteux et finalement assez peu en bord de mer à faible atlitude où il semble remplacé par une autre espèce, le Lézard sicilien (Podarcis sicula) qui fera l'objet d'un prochain article...

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Lézard tyrrhénien (Podarcis tiliguerta) mâle dont la queue est nettement vert-turquoise, couleur qui ,chez certains individus, est présente sur l'ensemble de la face dorsale. Les écailles bleutées sur les flancs sont également caractéristiques. (Vallée de la Restonica, Haute corse, juillet 2016, Canon EOS 50 D + 100 mm macro)

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Lézard tyrrhénien (Podarcis tiliguerta) mâle jouant à cache-cache. La gorge ponctuée de noir distingue cette espèce du Lézard Sicilien (Podarcis sicula) dont la gorge est unie. (Col de Sorba, Haute corse, juillet 2016, Canon EOS 50 D + 100 mm macro)

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Lézard tyrrhénien (Podarcis tiliguerta) se chauffant au soleil sur du granite. Les taches bleues latérales sont ici bien visibles. (Col de Sorba, Haute corse, juillet 2016, Canon EOS 50 D + 100 mm macro)

27 juillet 2016

Quelques spécialités corses

De retour d'un séjour d'une semaine sur l'Ile de beauté (et elle porte vraiment bien son nom !), je vous propose quelques unes de ces espèces ou de ces sous-espèces que l'on ne trouve qu'en Corse ou bien en Corse, en Sardaigne et sur quelques îles italiennes (elles sont alors qualifiées d'endémiques tyrrhéniennes). La faune est d'une façon générale moins diversifiée que son équivalente méditerranéenne continentale, à cause de l'insularité qui a freiné la conquête de cet espace par les espèces issues du continent. En revanche, les espèces qui sont parvenues à atteindre la Corse forment parfois des populations dont les individus présentent des caractéristiques morphologiques légèrement différentes des continentaux, conséquence d'une évolution indépendante pendant de nombreuses générations. Ainsi, difficile de ne pas voir un lien de parenté entre le Fadet tyrrhénien (Coenonympha corinna) et le Fadet des garrigues (Coenonympha dorus), espèce continentale, tant les motifs alaires de ces deux espèces sont proches mais tout de même légèrement différents. De même le Mercure tyrrhénien (Hipparchia neomiris) fait-il tout de suite penser au Mercure (Arethusana arethusa), espèce continentale. Parfois, les taxinomistes estiment que les différences entres individus insulaires et continentaux ne sont pas suffisamment importantes pour que les populations insulaires méritent le statut d'espèce à part entière et ils définissent alors des sous-espèces, sortes de variantes locales qui font l'objet d'éternels débats...Ainsi en va-t-il du Cormoran huppé de Desmarest (Phalacrocorax aristotelis desmaresti), communément considéré comme une sous-espèce méditerranéenne du Cormoran huppé (Phalacrocorax aristotelis aristotelis) fréquentant les littoraux atlantiques, de la Manche et de la Mer du Nord. Le même raisonnement s'applique à la sous-espèce corse du Petit Argus (Plebejus argus corsicus). Toutes ces petites différences interpellent, piquent la curiosité du naturaliste, tout comme la charcuterie typiquement corse, fruit de traditions locales centenaires, attire les papilles des gourmets. Chacun trouve dans un voyage de quoi satisfaire sa quête de nouveauté, et pour moi, ce seront avant tout les spécialités faunistiques, floristiques et géologiques avant de profiter le soir des particularités gastronomiques !

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Fadet tyrrhénien (Coenonympha corinna), endémique de Corse et de Sardaigne et abondant dans les landes de moyenne montagne où il butine les fleurs de Thym serpolet. (Vallée de la Restonica, Haute corse, juillet 2016, Canon EOS 50 D + 100 mm macro)

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Mercure tyrrhénien (Hipparchia neomiris), autre endémique de Corse et de Sardaigne. Il affectionne les pelouses caillouteuses d'altitude moyenne, où il ne se laisse pas facilement approcher ! (Vallée de la Restonica, Haute corse, juillet 2016, Canon EOS 50 D + 100 mm macro)

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Petits Argus de la sous-espèce corse (Plebejus argus corsicus) en train de s'accoupler. Les différences avec la sous-espèce nominale qui vit sur le continent sont très subtiles : les ocelles sont gris-noir (et non pas noir) et largement cerclés de blanc. Ici, l'imbrication des pièces génitales durant l'accouplement est bien visible. (Vallée de la Restonica, Haute corse, juillet 2016, Canon EOS 50 D + 100 mm macro)

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Cormoran huppé de Desmarest (Phalacrocorax aristotelis desmaresti) immature en train de pêcher le long de la plage de Porticcio. Les connaisseurs remarquerons que la face ventrale du cou et le ventre (non visible ici) sont blanchâtres, ce qui distingue cette sous-espèce de la sous-espèce nominale atlantique dont les jeunes ont un ventre brunâtre. (Plage de Porticcio, Corse du sud, juillet 2016, Canon EOS 50 D + 300 mm f4)

25 mai 2016

Encore du vert !

Des feuilles mortes qui craquent soudain en bordure du chemin que vous empruntez, il y a fort à parier qu'un Lézard vous a pris pour l'un de ses pires ennemis (et le pauvre en compte un certain nombre à poils comme à plumes !). Reste à savoir de quel lézard il s'agit... Dans les friches, et même parfois dans la végétation dense qui borde un milieu humide prospère le Lézard vert occidental (Lacerta bilineata). Les mâles arborent une coloration bleue turquoise sur leur gorge, un caractère sexuel secondaire qui témoigne de sa bonne santé auprès des femelles qui sont principalement vertes avec un nombre variable de lignes noires et claires. Le Lézard vert est un petit prédateur qui se nourrit principalement d'insectes qu'il capture et dévore sans problème grâce à ses puissantes mâchoires. Cependant, il figure lui-même au menu de plusieurs prédateurs beaucoup plus grands comme l'Aigle Circaëte Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus), un rapace spécialisé dans la capture des reptiles. Il vous faudra beaucoup de patience et de persévérance pour approcher et photographier le Lézard vert sans qu'il ne file rapidement vers sa retraite dont il ne s'éloigne jamais beaucoup. Pourtant, l'observation attentive de ses mimiques et comportements vous feront découvrir un animal vraiment intéressant !

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Lézard vert occidental (Lacerta bilineata) en train de prendre le soleil sur un tronc d'arbre abattu par un Castor d'Europe. (avril 2016, Parc de Miribel-Jonage, EOS 50D + 100 mm macro f 2.8)

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Lézard vert occidental (Lacerta bilineata) méfiant tout prêt à fuir dans sa retraite constituée d'une touffe de joncs. (avril 2016, Parc de Miribel-Jonage, EOS 50D + 100 mm macro f 2.8)

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Lézard vert occidental (Lacerta bilineata) femelle en train de prendre le soleil sur un tronc d'arbre abattu par un Castor d'Europe. (avril 2016, Parc de Miribel-Jonage, EOS 50D + 100 mm macro f 2.8)

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Lézard vert occidental (Lacerta bilineata) femelle méfiante toute prête à fuir dans sa retraite. (avril 2016, la Dombes, EOS 50D + 100 mm macro f 2.8)

10 mai 2016

L'écolo printanier

Parmi les premiers papillons à se montrer au printemps, il en est un qui est plus beau dessous que dessus, et il ne montre d'ailleurs que rarement sa face terne, d'un brun sans relief. En revanche, impossible de manquer son revers vert pomme qu'il oriente le plus souvent face au soleil afin d'emmagasiner l'énergie qui va lui permettre se soutenir son activité intense. La présence de l'Argus vert (Callophrys rubi) aussi appelé Thècle de la Ronce dès les premiers beaux jours de mars s'explique par le fait qu'il passe l'hiver au stade nymphal, c'est à dire à un stade de développement déjà très avancé. Seuls les espèces qui passent l'hiver à l'état d'imago (adulte) sont visibles avant, il s'agit par exemple de papillons très communs comme le Vulcain ou les Citrons. Si vous vous promenez dans le sud de la France, regardez bien tous les Argus verts dans le blanc des yeux :  il est en effet possible de trouver son espèce soeur, la Thècle de l'Arbousier (Callophrys avis) dont le pourtour des yeux n'est pas blanc mais roux. Un vert peut en cacher un autre !

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Argus vert (Callophrys rubi) posé sur une Euphorbe petit-Cyprés (Euphorbia cyparissias). Les inflorescences de cette plante présentent des glandes nectarifères en forme de petits croissants qui fournissent une solution sucrée dont profitent de nombreux insectes au printemps avant que d'autres fleurs ne soient disponibles. (avril 2016, Parc de Miribel-Jonage, EOS 50D + 100 mm macro f2.8)

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Argus vert (Callophrys rubi) posé sur une Euphorbe petit-Cyprés (Euphorbia cyparissias). Les inflorescences de cette plante présentent des glandes nectarifères en forme de petits croissants qui fournissent une solution sucrée dont profitent de nombreux insectes au printemps avant que d'autres fleurs ne soient disponibles. (avril 2016, Parc de Miribel-Jonage, EOS 50D + 100 mm macro f2.8)

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Argus vert (Callophrys rubi) posé sur une Euphorbe petit-Cyprés (Euphorbia cyparissias). Les inflorescences de cette plante présentent des glandes nectarifères en forme de petits croissants qui fournissent une solution sucrée dont profitent de nombreux insectes au printemps avant que d'autres fleurs ne soient disponibles. (avril 2016, Parc de Miribel-Jonage, EOS 50D + 100 mm macro f2.8)

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Argus vert (Callophrys rubi) en train de prendre le soleil sur un genêt. Le pourtour des yeux composés est blanc ce qui est caractéristique de cette espèce et la distingue de la Thècle de l'Arbousier (Callophrys avis). (Mai 2014, Ardèche, massif de la Dent de Rez, EOS 50 D + 100 mm f 2.8).

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Argus vert (Callophrys rubi) en train de prendre le soleil sur un Genévrier cade (Juniperus oxucedrus). Le pourtour des yeux composés est blanc ce qui est caractéristique de cette espèce et la distingue de la Thècle de l'Arbousier (Callophrys avis). (Avril 2016, Ardèche, massif de la Dent de Rez, EOS 50 D + 100 mm f 2.8).

23 avril 2016

Les couleurs chatoyantes de la Provence

Difficile d'immortaliser le secret du Citron de Provence (Gonepteryx cleopatra), cette tache orange vif qui orne superbement le dessus de ces ailes jaune...citron et le distingue de son cousin le Citron (Gonepteryx rhamni) ! La seule solution est d'attendre l'éclair d'un battement, lorsque le mâle s'arrête enfin sur une fleur, ici un Vélar de Provence (Erysimum nevadense) pour se restaurer. A l'approche de la fleur, alors qu'il est encore en vol, le papillon déploie déjà sa spiritrompe, constituée de pièces buccales qui vont lui permettre d'aspirer le nectar produit dans le fond de la corolle de la fleur. Il repartira ensuite de son vol léger, virevoltant en quête d'une femelle avec laquelle il s'accouplera. Celle-ci ira à son tour chercher un rameau d'Alaterne (Rhamnus alaternus), un arbuste typiquement méditerranéen pour pondre.

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Citron de Provence (Gonepteryx cleopatra) mâle en train de butiner une fleur de Vélar de Provence (Erysimum nevadense) par une journée ensoleillée (avril 2016, Ardèche, massif de la Dent de Rez, EOS 50 D + 100 mm macro f 2.8)

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Citron de Provence (Gonepteryx cleopatra) mâle en train de butiner une fleur de Vélar de Provence (Erysimum nevadense) par une journée ensoleillée (avril 2016, Ardèche, massif de la Dent de Rez, EOS 50 D + 100 mm macro f 2.8)

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Citron de Provence (Gonepteryx cleopatra) mâle en train de butiner une fleur de Vélar de Provence (Erysimum nevadense) par une journée ensoleillée (avril 2016, Ardèche, massif de la Dent de Rez, EOS 50 D + 100 mm macro f 2.8)

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Citron de Provence (Gonepteryx cleopatra) mâle en train de butiner une fleur de Vélar de Provence (Erysimum nevadense) par une journée ensoleillée (avril 2016, Ardèche, massif de la Dent de Rez, EOS 50 D + 100 mm macro f 2.8)